Accompagné de son frère Aaron, Moïse se rendit compte de
l’ardent désir qu’avaient les Hébreux de se libérer de leur servitude. Il se
rendit alors auprès du roi, lui rappela les nombreux services que son peuple
avait rendu à ses prédécesseurs et pour lesquels ils n’avaient été récompensés
que par de l’ingratitude.
Il lui conta aussi ce que Dieu lui avait dit sur la montagne
du Sinaï et le supplia de ne point résister par son incrédulité à la souveraine
volonté de Dieu.
Pharaon se moqua de ses discours et Moïse pensa
l’impressionner en changeant son bâton en serpent ce qui mit le roi en colère
car il l’assura que ses devins étaient capables des mêmes effets et qu’il était
donc inutile de se vanter de ce tout un chacun était capable de réussir.
Mis en colère par la demande de Moïse, il demanda à ses
intendants de charger encore plus le travail des Hébreux.
Moïse retourna auprès du roi lui demandant de bien vouloir
laisser les Hébreux se rendre sur le mont Sinaï offrir un sacrifice à Dieu
comme il lui avait été ordonné. S’il refusait, il ne pourrait pas l’accuser
d’être la cause de son malheur lorsqu’il attirerait sur lui les châtiments par
son refus.
Ces remontrances ne firent point d’impression sur l’esprit
du roi et les Egyptiens se trouvèrent accablés de toutes sortes de maux.
Le premier de ces maux fut que l’eau du Nil se trouva
changée en sang et ces peuples commencèrent à éprouver la plus grande soif. Non
seulement les eaux en avaient-elles la couleur mais leur consommation provoquait
de grandes douleurs alors que les Israelites la trouvaient aussi bonne et douce
que d’habitude. Le roi inquiet pour ses sujets permit aux Hébreux de se
retirer. Mais ce mal n’eût point aussitôt cessé qu’il entra dans ses premiers
sentiments et révoqua la permission qu’il avait donnée. Alors Dieu pour le
punir lui envoya un nouveau fléau.
Une multitude innombrable de grenouilles couvrirent la terre
et mangeaient tout ce qu’elle produisait. Le Nil en fût rempli et les
grenouilles qui mourraient dans l’eau l’infectaient de telle sorte qu’elle
n’était plus potable.
Ces bêtes entraient dans les maisons, les pots, les plats,
gâtaient toutes les viandes, sautaient dans les lits et empoisonnaient l’air de
leur puanteur.
Devant une telle misère, le roi commanda à Moïse de s’en
aller avec tout son peuple. Aussitôt les grenouilles disparurent et les terres
et le fleuve retournèrent en leur premier état.
Mais la mémoire des rois est faible et il révoqua son ordre.
Dieu le châtia et soudain les Egyptiens se trouvèrent couverts de poux. Le roi
s’en trouva effrayé qu’il permit aux Hébreux de s’en aller mais ordonna que
leurs femmes et enfants fussent tenus en otages.
Dieu voyant que le roi se persuadait de pouvoir toujours
détourner l’orage lui envoya une si grande multitude de diverses sortes de
petits animaux jusqu’alors inconnus que la terre en fut tellement couverte
qu’il était impossible de la labourer. Plusieurs personnes en mouraient et ceux
qui restaient en vie étaient infectés du venin que causaient tant de malades et
de corps morts.
Le roi restait cependant insensible et Dieu fit tomber sur
le pays une quantité de grêles si épaisse et d’une grosseur si prodigieuse
qu’il ne s’en voit pas de semblables dans les pays qui y sont le plus sujets.
Alors le roi autorisa les Egyptiens à partir avec femmes et
enfants à condition qu’ils laissent tous leurs biens afin de les dédommager de
tout ce qu’ils avaient perdus.
Alors que le temps passait en contestations, les Égyptiens
se trouvèrent environnés de ténèbres épaisses et ne voyant pas la moindre
clarté pour se conduire, plusieurs périrent de diverses manières. Ces ténèbres
durèrent trois jours et trois nuits sans que le Pharaon ne pu se résoudre à
laisser aller les Israélites.
Après qu’elles se furent dissipées, Moïse se présenta à
Pharaon et lui demanda jusqu’à quand il voulait résister à la volonté de Dieu.
Le prince en colère le menaça de lui faire trancher la tête s’il osait jamais
lui tenir de tels propos.
Dieu, irrité, résolut de frapper les Egyptiens d’une plaie
qui le contraindrait de laisser aller son peuple. Il commanda à Moïse
d’ordonner aux Israélites de lui offrir un sacrifice le treizième jour du mois
de Nisan, de se tenir prêts pour partir et d’emporter avec eux tout ce qu’ils
avaient de biens. Après avoir soupé, ils brûlèrent tout ce qui restait de
viande comme étant près de partir. Cette fête nommée Pâques car elle signifie passage.
Ce fût cette nuit là que Dieu passant les Israélites sans
leur faire de mal, frappa d’une si grande plaie les Egyptiens que tous les
premiers nés en moururent.
Ne pouvant plus résister, Pharaon donna créance à Moïse et
le laissa partir. Les Egyptiens leur firent même des cadeaux, certains que les
Hébreux partis, tous les maux cesseraient. Ils témoignèrent même par leurs
pleurs qu’ils se repentaient des mauvais traitements qu’ils leur avaient faits
subir.
Les Israélites prirent le chemin par la ville de Leté où
Cambyse devait bâtir la ville de Babylone (Cambyse II fut roi de
l’empire perse entre 529 et 522 avant Jésus-Christ. Sept ans de règne lui suffirent
pour conquérir l’Egypte et y régner en tant que pharaon). Ils marchèrent avec tant
de diligence qu’ils arrivèrent à Béelzephon, sur les bords de la Mer Rouge.
Ce
lieu est si désert qu’ils ne trouvaient rien à manger, aussi firent-ils tremper
de la farine avec de l’eau, la pétrirent comme ils purent, la mirent sur le feu
et s’en nourrirent pendant trente jours.
C’est
en mémoire de cette nécessité que nous célébrons encore aujourd’hui, durant
huit jours, une fête que nous nommons la fête des Azymes, soit pain sans
levain.
Les
Israélites sortirent d’Egypte au mois de Nisan, 430 après la venue d’Abraham
dans la terre de Chanaan et 215 ans après la venue de Jacob en Egypte.
Les
Hébreux ne furent pas plus tôt partis que les Egyptiens se repentirent de les
avoir laissé partir. Le roi eut plus de regret que nul autre, car il
considérait Moïse comme un enchanteur et il ordonna qu’on le poursuive dans le
désert pour le ramener dans ses terres, certains que fatigués et désarmés, ils
seraient heureux de revenir.
Sur
les bords de la Mer Rouge, les Hébreux se trouvèrent alors encerclés de toutes
parts par les armées du Pharaon sans nulle échappatoire. Ils ne pouvaient
combattre car ils n’avaient pas d’armes et ne pouvaient s’échapper enfermés d’un
côté par la mer et de l’autre par les montagnes. Pleurs et lamentations des
femmes, les hommes s’en prirent à Moïse de les avoir conduit dans cette
extrémité. Mais Moïse les rassura en leur disant que Dieu pouvait à son gré
sécher les mers et aplanir les montagnes.
Arrivé
sur les bords de la mer, il s’adressa à Dieu, lui demandant de sauver son
peuple. Commandez seulement Seigneur et nous tous obéirons à votre voix. Il
frappa alors la mer avec son bâton miraculeux qui avait déjà fait tant de
prodiges qui aussitôt se divisa et se retira pour laisser aux Hébreux un
passage libre et la possibilité de traverser à pied sec, comme ils auraient
marché sur la terre ferme.
Les
Hébreux ne pouvant plus douter de l’assistance de Dieu, suivirent Moïse. Les
Egyptiens ne pouvaient croire ce qu’ils voyaient et crurent d’abord que pris de
peur, ils se précipitaient dans les flots. Mais lorsqu’ils les virent s’avancer
sans aucun péril, ils se jetèrent à leur poursuite alors que les Hébreux
atteignaient l’autre rive.
Et
alors que les Egyptiens réunis furent entrés dans cet espace de mer alors desséché,
elle se réunit en un instant et ils se trouvèrent tous ensevelis. Les vents se
joignirent alors pour déchaîner une tempête, une grande pluie tomba du ciel,
les éclairs se mêlèrent au bruit du tonnerre, la foudre suivit les éclairs et
une nuit ténébreuse couvrir la face de la mer. En sorte que de cette armée
redoutable, il ne resta pas un seul homme capable de porter en Egypte la nouvelle
d’un évènement si terrible. Moïse remercia le Seigneur d’avoir accompli si
promptement ce qu’il lui avait plu de lui promettre.
Dans
son infinie bonté, Dieu en joignit une nouvelle. Il fit descendre du ciel une
rosée qui semblait s’épaissir à mesure qu’elle tombait. Elle avait goût de miel
et chacun s’empressa d’en ramasser. Moïse cependant recommanda à chacun de ne
prendre que ce qui lui serait nécessaire pour le jour afin de donner des bornes
à l’avarice de ceux qui auraient voulu en amasser, empêchant les plus faibles
de s’en saisir.
Certains
tentèrent de passer outre ces recommandations et eurent la mauvaise surprise de
voir cette nourriture se gâter, devenir
acide et s’emplir de vers.
Les
jours suivants, pris de soif, ils se plaignirent à Moïse qui se son bâton
frappa la roche d’où jaillit une source d’eau claire.

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