Les Egyptiens regardaient avec envie la prospérité des
Hébreux et les richesses qu’ils acquéraient par leur travail et conçurent de la
crainte du grand accroissement de leur nombre. La mémoire dont tout le pays
était redevable à Joseph s’étant effacée, ils commencèrent à maltraiter les
Israélites et à les accabler de travaux divers tels que digues pour arrêter les
eaux du Nil, canaux pour les y conduire, murailles pour enfermer les villes et
pyramides de grande hauteur.
Quatre cents ans passèrent de la sorte, les Egyptiens
tâchant de détruire cette nation et les Hébreux au contraire s’efforçant de
surmonter toutes ces difficultés.
Un jour, un de leurs docteurs de leur loi dit au roi qu’il
devait naître un enfant parmi les Hébreux dont les vertus seraient admirées de
tous, qu’il relèverait la gloire de sa nation, humilierait l’Egypte et la
réputation serait immortelle.
Le roi, étonné de cette prédiction, fit un édit qui
ordonnait qu’on noie tous les enfants mâles qui naîtraient parmi les Hébreux et
que ceux qui tenteraient de sauver ou nourrir quelques-uns de ces enfants
seraient punis de mort ainsi que toute sa famille.
Cet édit épouvanta les Israélites mais c’est en vain que les
hommes emploient tous leurs efforts pour résister à la volonté de Dieu.
Cet enfant qui avait été prédit vint au monde, nourri
secrètement en dépit des défenses du roi et toutes les prédictions faites sur
son sujet s’accomplirent.
Un Hébreu nommé Amram fut troublé de cet édit qui allait
exterminer sa nation. Il eut recours à Dieu et l’assura qu’il prendrait soin
des siens s’Il épargnait cet enfant dont sa femme était grosse. Un songe lui
vint lui assurant que cet enfant serait élevé et nourri contre toute sorte
d’espérance, délivrerait son peuple de servitude et que son nom serait grand
dans la mémoire du monde.
Lorsque sa femme Jocabel accoucha facilement de cet enfant,
il fut nourri secrètement pendant trois mois et craignant ensuite qu’il ne fût
découvert, ils firent un berceau, enduit de bitume et confièrent l’enfant au
fleuve.
Comme le berceau flottait au gré de l’eau, Thermutis, fille
du roi l’aperçu et demanda à l’un de ses serviteurs de l’aller quérir. Touchée
par la beauté de l’enfant, elle résolut d’en prendre soin et de le faire
nourrir.
Ainsi par une faveur toute extraordinaire, il fut élevé par
ceux mêmes qui voulaient à cause de lui, exterminer sa nation.
Cette princesse commanda qu’on alla lui chercher une
nourrice dont il refusait le lait. Une servante suggéra alors à la princesse
d’aller quérir une femme de sa race et c’est ainsi que Jocabel que personne ne
connaissait comme mère de l’enfant put allaiter son propre bébé.
La princesse le nomma Moïse c’est-à-dire préservé de l’eau.
La prédiction de Dieu fût ainsi accomplie et il devint le plus grand personnage
qui ait jamais été parmi les Hébreux. Il était le septième depuis Abraham.
Lorsqu’il atteignit l’âge de trois ans, son visage était
d’une si extrême beauté que même les personnes les plus austères en étaient
ravies. Thermutis n’ayant point d’enfant, résolut de l’adopter, le porta vers
le roi son père et lui offrit comme successeur, le roi n’ayant point de fils.
Avec ces paroles, elle orna la tête de l’enfant de son
propre diadème que Moïse se hâta d’enlever et de piétiner. Cette action fût
regardée comme de mauvaise augure et un des docteurs de la loi conseilla de le
faire mourir. Thermutis emporta l’enfant et le fit élever avec le plus grand
soin.
Quand Moïse fut en âge de pouvoir donner des preuves de son
courage, il s’enrôla dans l’armée et s’illustra dans diverses actions. Les
Egyptiens craignant que la gloire qu’il avait acquise ne lui enflât tellement
le cœur qu’il entreprit de devenir maître de l’Egypte, conseillèrent au roi de
la faire mourir. Découvert ce funeste dessein, Moïse s’enfuit dans le désert et
après de longues marches, se trouva auprès de la ville de Madian.
Un sacrificateur, Jethro, avait sept filles qui s’occupaient
de ses troupeaux. L’eau fraîche est rare en ces pays et alors que les filles
qui venaient de remplir les auges pour donner à boire à leurs bêtes, elles furent
assaillies par des bergers qui leur volèrent l’eau qu’elles avaient eu tant de
peine à tirer.
Moïse s’interposa, chassa les insolents et rendit à ces
filles l’assistance que la justice demandait. Remercié chaleureusement par
Jethro à qui les filles avaient raconté l’incident, il donna l’une d’elle
nommée Sephora comme épouse à Moïse ainsi que l’intendance de tous ses
troupeaux, qui représentait alors le bien de cette nation.
Un jour qu’il menait paître les bêtes sur la montagne du
Sinaï, il vit un buisson si ardent qu’il semblait que les flammes allaient le
consumer sans que ses feuilles ni ses fleurs en fussent le moins du monde
endommagées.
Etonné de ce prodige, il s’approcha du buisson et entendit
une voix qui lui prédit la gloire qui devait arriver et que l’assistance de
Dieu le rendrait célèbre parmi les hommes. Il lui ordonna de retourner sans
crainte en Egypte pour affranchir les Hébreux de leur cruelle servitude. Dieu
l’assura qu’il ne l’abandonnerait pas et pour lui prouver sa force, Il lui
commanda de jeter à terre la verge qu’il tenait dans la main et qui en
l’instant se transforma en serpent et dans l’instant qui suivit, ce serpent
retourna en son premier état.
Assuré du secours de Dieu, il demanda à son beau-père Jethro
de pouvoir retourner en Egypte pour accomplir la volonté de Dieu et accompagné
de Sephora son épouse, de Gerson et Eleazar, ses fils, il se mit en chemin.

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