Les années s’accumulant, Abraham
songeait à mourir et à laisser son héritage à Isaac, jeune homme de hautes
vertus qui servait fidèlement Dieu et offrait à son père tous les sujets de s’en
faire aimer.
Dieu avait décidé d’accorder la
mort à Abraham mais il souhaitait mesurer sa fidélité. Aussi lui commanda t-il
de témoigner de cette obéissance en sacrifiant ce qui lui était le plus cher au
monde, à savoir son fils désormais âgé de vingt-cinq ans.
Sans rien dire ni à Sara ni à qui
que ce soit, il prit la route, accompagné de quelques serviteurs, enjoignant
Isaac de le suivre. Après deux jours de marche, il aperçut le lieu désigné par
Dieu, laissa les serviteurs au pied de la montagne et monta avec son fils au
sommet où le roi David ferait bâtir le Temple, chargé de tout le nécessaire
pour exécuter un sacrifice. Isaac ne voyant pas d’animal à immoler, lui demanda
ce qu’il voulait sacrifier et son père lui répondit, un peu en langue de bois,
que Dieu donne aux hommes ce qui leur manque et ne manquerait pas de leur
offrir qui devait être sacrifié.
Alors que le bois était mis sur l’autel,
Abraham se lança dans un long discours, expliquant à Isaac qu’en dépit de l’amour
qu’il lui portait, sa vie appartenait à Dieu et qu’il devrait être
reconnaissant au Seigneur de lui offrir une fin glorieuse et non une mort
pitoyable allongé sur un lit de douleurs ou des suites d’une blessure de guerre.
Isaac écouta le discours de son
père avec respect et admit avec joie être immolé pour la gloire de Dieu. Il s’allongea
de lui-même sur l’autel et ce sacrifice allait s’accomplir lorsque Dieu arrêta
le bras d’Abraham, satisfait de constater son obéissance, alors qu’un bélier se
substituait sur l’autel à son fils.
Peu de temps après cet épisode,
mourut Sara qu’Abraham fit ensevelir à Hébron dans un champ qu’il acheta quatre
sicles. Le prix est exorbitant mais Abraham ne le discute pas. 400 sicles
représentent 4.6 d’argent et ce prix n’est pas le fait du hasard.
En hébreu comme dans beaucoup d’autres langues de l’Antiquité,
les nombres se notent par des lettres. Or il se trouve que la dernière lettre
de l’alphabet hébraïque désigne le nombre 400 et que, pour compter au-delà, il
faut utiliser deux lettres et non plus une seule.
En outre, on peut décomposer 400
en 8 fois 50. Or 8 fait suite au nombre des jours de la semaine et 50 fait suite
à 49, nombre d’années après lequel il faut rendre toute terre à son
propriétaire initial. 8 et 50 représentent donc l’un et l’autre des nombres
bornant à l’extérieur des cycles du temps humain. 400 symbolise l’au-delà du
temps humain.
Or au-delà tu temps humain, c’est
l’éternité. 400 revient donc à signifier le droit éternel acquis par Abraham
sur la grotte, le droit éternel des Juifs sur Hébron et plus largement sur la
terre de Chanaan.
Agé de quarante ans, Abraham pensa
qu’il était temps de marier son fils Isaac et il jeta les yeux sur Rebecca, petite
fille de son frère Nachor. Chargé de présents de qualité, il envoya son plus
ancien et plus fidèle serviteur dans la ville de Carran où demeurait son
frère.
Accompagné de quelques serviteurs
et de chameaux portant les présents à remettre à la famille, il entreprit le
long voyage car il fallait traverser la Mésopotamie, affronter les mauvais
chemins de l’hiver et croiser la route des voleurs.
Quand il arriva au bourg, il vit
plusieurs jeunes filles qui se rendaient au puits et il se dit que si l’une d’elles
lui offrait à boire malgré la difficulté de tirer le lourd sceau plein d’eau,
il la reconnaîtrait pour être Rebecca.
Ainsi qu’il l’avait présagé, une
seule jeune fille accepta de l’aider à se désaltérer ce qui lui fit espérer un heureux succès de son voyage. Il la
remercia vivement et lui souhaita mille bonheurs et de nombreux enfants.
Elle lui raconta alors qu’elle se
nommait Rébecca et que depuis la mort de son père, Laban son frère prenait soin
d’elle, de sa mère et de toute la famille. Il jugea utile de la remercier de sa
grande civilité, lui offrit quelques chaînes et ornements et la supplia de lui
permettre de se rendre chez son frère afin d’y passer la nuit et éviter de se
faire agresser par les rôdeurs et les voleurs.
Laban accepta ce devoir d’hospitalité,
pria ses serviteurs de prendre soin des chameaux et convia son hôte à diner. Il
lui annonça alors qu’il venait de la part d’Abraham, chargé de demander la main
de Rebecca pour son fils unique Isaac, seul héritier et déjà en possession de
tous ses biens.
Cette demande avantageuse fût
reçue avec beaucoup de bienveillance par Laban et sa mère et le serviteur d’Abraham
s’en revint au pays accompagné de la jeune fille. Les noces furent promptement
conclues juste peu de temps avant qu’Abraham
ne meurt et ne soit enseveli à Hébron auprès de Sara.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire