dimanche 3 décembre 2017

Joseph


Jacob, considéré de tous,  prospérait tel que le lui avait promis Dieu et sa richesse était grande. Joseph, l’un des fils que lui avait donné Rachel était son préféré. Il appréciait son esprit et sa grande sagesse, ce qui ne manqua pas d’exciter la jalousie et la haine de ses frères.
Jacob l’ayant envoyé avec ses frères travailler dans les champs, il eut un songe la nuit qui ne pouvait être considéré comme un rêve ordinaire. A son réveil il raconta qu’il avait vu sa gerbe de blé plus haute que celle de ses frères et que les leurs venaient s’incliner devant la sienne. Ils n’eurent pas de peine à comprendre que sa gloire serait grande et conçurent contre lui une aversion encore plus grande que celle qu’ils avaient auparavant.
Puis Joseph eut un autre songe encore plus considérable que le précédent. Il crut voir le soleil, la lune, les étoiles et les autres astres se prosterner devant lui.
Il raconta ses songes à son père, devant ses frères dont il ne se défiait pas et son père se réjouit grandement car il comprit que ces rêves prédisaient une grande prospérité à son fils et que viendraient les temps où sa famille serait obligée de lui rendre hommage. Ce présage affligea grandement les frères de Joseph qui projetèrent de le faire mourir sur l’heure.
Mais Ruben, l’aîné de tous ne put approuver une telle inhumanité et la haine qu’ils attireraient sur eux. Devant la résolution de ses frères d’en finir rapidement avec ce frère, il suggéra un plan plus doux afin de rendre leur faute moins criminelle. Il insinua l’idée de mettre Joseph dans une citerne proche et de l’y laisser mourir sans tremper leurs mains dans son sang. Ruben le descendit avec une corde dans une citerne presque sèche et s’en alla chercher des pâturages pour son troupeau.
C’est alors que Juda, un autre des fils de Joseph vit passer des marchands arabes qui se dirigeaient vers l’Égypte afin d’y vendre des parfums et autres marchandises. Il conseilla à ses frères de leur vendre Joseph, l’envoyant ainsi mourir dans un pays étranger sans être accusés de lui avoir ôté la vie. C’est ainsi que fût vendu pour 20 pièces d’argent le jeune Joseph qui avait 17 ans.
La nuit tombée, Ruben revint des pâturages vers la citerne et appela son frère. N’entendant aucune réponse, il acquit la certitude que ses frères l’avait tué et leur en fit grands reproches. Ils furent bien obligés de dire la vérité et la douleur de Ruben en fût en quelque sorte adoucie.
Mais comment relater l’affaire à leur père. Aussi la décision fût-elle prise de tremper le vêtement qu’il lui avait enlevé avant de le descendre dans la citerne dans du sang de chevreau afin de lui faire croire qu’il avait été dévoré par quelques bêtes. La douleur de Jacob fut grande, il se couvrit la tête d’un sac et refusa d’écouter la consolation que ses autres enfants s’efforçaient de lui prodiguer.
Arrivés en Egypte, les marchands vendirent le jeune homme à Putiphar, maître d’hôtel du pharaon qui ne le traita point en esclave mais au contraire le fit instruire avec soin comme une personne libre et lui donna la conduite de sa maison.
Il s’acquitta de cette tâche à la grande satisfaction de son maître et continua de se conduire en homme sage, prudent dans la bonne et la mauvaise fortune.
Mais la femme de Putiphar, touchée de son esprit et de sa beauté, en tomba follement amoureuse. Il pensa que du fait de sa condition d’esclave, il serait honoré d’être distingué par la passion de sa maîtresse. Mais Joseph considérant comme un crime une telle injure à son maître, la pria de ne point désirer de lui ce qu’il ne pourrait lui donner sans passer pour l’homme le plus ingrat.
Exaspérée par sa passion, elle fit en sorte de feindre un malaise pour ne pas être présente à un banquet et avoir le temps de solliciter Joseph. Acceptez mon amour lui dit-elle ou craigniez ma haine car je vous accuserais auprès de mon mari d’avoir voulu attenter à mon honneur et soyez certain qu’il ajoutera plus de foi à mes paroles qu’à vos justifications.
Ni ses flatteries ni son odieux chantage ne furent capables de toucher Joseph pour le faire manquer à son devoir. Il préféra s’exposer à tout plutôt que de se laisser emporter par une passion criminelle. Elle voulut cependant le contraindre et il s’échappa laissant son manteau dans ses mains. Furieuse et dépitée, elle l’accusa auprès de son mari d’avoir voulu la déshonorer.
Putiphar donna croyance aux dires de sa femme, loua sa sagesse et fit enfermer Joseph dans une étroite prison.
Joseph remit dans les mains de Dieu la justification de son innocence et ne voulut ni se défendre ni dire de quelle manière la chose s’était passée. Au fil du temps, le geôlier touché de son attitude car jamais il ne se plaignait et exécutait sans rechigner les tâches qui lui étaient imposées, décida de lui ôter ses chaînes et le traita mieux que les autres.
Joseph avait fait amitié avec un échanson du roi qu’il avait fait mettre en prison pour quelques mécontentements qu’il en avait eus et un matin il lui raconta le songe de la nuit précédente. Il m’a semblé, raconta t-il que je voyais trois ceps de vignes chargés de très grande quantité de grappes et que les raisins en étant mûrs, je les pressais pour en faire sortir le vin dans une coupe que le roi tenait en sa main.
Joseph lui dit de bien espérer puisque son songe signifiait que dans les trois jours, il sortirait de prison par ordre du roi et rentrerait dans ses bonnes grâces.
Dieu a donné au fruit de la vigne divers excellents usages et une grande vertu et comme cette liqueur que votre main a exprimée a été favorablement reçue par le roi, ne doutez point que ce songe ne présage que vous sortirez de cette misère dans les trois jours. Mais lorsque vous serez sorti, ne m’oubliez pas.
Un panetier du roi qui était prisonnier avec eux et présent, à ce discours espéra qu’un songe qu’il avait fait lui pourrait être avantageux. Il m’a semblé dit-il que je portais sur ma tête trois corbeilles dont deux étaient pleines de pain et la troisième de diverses sortes de viande telles qu’on les sert au roi. Des oiseaux les ont toutes emportées sans que j’ai pu les en empêcher. Joseph se senti peiné de lui dire que les deux corbeilles signifiaient qu’il n’avait plus que deux jours à vivre et qu’il serait pendu le troisième et mangé par les oiseaux.
Tout ce que Joseph avait prédit ne manqua pas d’arriver. L’échanson ayant oublié sa promesse fit que Joseph dû encore patienter deux ans dans la prison. Mais Dieu n’abandonne jamais les siens.
Le roi avait eu deux songes dans la même nuit et il envoya quérir les plus savants de son peuple qui ne surent cependant donner une explication. Cette rencontre réveilla dans la mémoire de l’échanson le souvenir de Joseph qui lui avait si bien prédit son avenir et en parla au roi qui l’envoya quérir.
Le roi raconta ses rêves. Il m’a semblé dit-il que me promenant le long du fleuve j’ai vu sept vaches grandes et grasses qui en sortaient pour aller dans les marais et qu’ensuite sept vaches terriblement maigres et laides sont venues à leur rencontre, les ont dévorées sans pour cela apaiser leur faim.
Réveillé dans une grande peine, je me suis à nouveau endormi, continua t-il pour voir sept épis qui sortaient d’une même racine, tous si mûrs et bien nourris que la pesanteur du grain les faisait pencher vers la terre et près de là sept autres épis très secs et très maigres qui ont dévoré ces sept épis qui étaient si beaux. De là mon étonnement.
Joseph lui dit que ces vaches et ces épis ne signifiaient que la même chose à savoir que la famine et la stérilité arriveraient durant sept années et consumeraient toute la fertilité de l’abondance des sept années précédentes. Il conviendrait que votre Majesté fasse mettre en réserve les grains qui proviendront de ces années fertiles pour les dispenser dans le besoin et ainsi l’Egypte ne se sentira point de la stérilité.
Il conviendrait continua t-il de ménager le blé de telle sorte qu’on en consumât qu’autant qu’il serait besoin et conserver le reste pour les jours difficiles qui viendraient.
La prudence de Joseph lui sembla d’une grande sagesse et il lui donna plein pouvoir d’ordonner tout ce qu’il estimerait être le plus nécessaire. Pour le remercier, il le fit vêtir de pourpre, porter un anneau où son sceau serait gravé et parcourir le pays dans un char.
Il lui fit épouser une fille de grande condition qui lui donna deux fils en ces années d’abondance. Le premier Manassé et le second Ephraïm.

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